William Desmurger : L’ingénieur qui repense la recherche d’emploi

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Après un parcours d’ingénieur dans la filière BTP au sein du campus CESI de Montpellier, William Desmurger a choisi de mettre ses compétences et son expérience au service d’un nouveau défi entrepreneurial. Il a créé Talya, une plateforme reposant sur l’intelligence artificielle, qui accompagne les étudiants dans leur recherche d’alternance, de stage et d’emploi. De l’optimisation des candidatures à la préparation des entretiens, cet assistant numérique simplifie l’accès au monde professionnel. Il aide également les jeunes talents à mieux valoriser leurs compétences. Dans cet article, découvrez son parcours, l’influence de sa formation d’ingénieur dans son aventure entrepreneuriale et ses ambitions pour développer Talya auprès des écoles et des étudiants.
Rencontre avec William
pour commencer est-ce que tu peux te présenter et nous parler de ton parcours ?
Moi c’est William Desmurger. Je suis arrivé en cycle préparatoire sur le campus CESI de Montpellier. J’ai poursuivi les 3 années suivantes en alternance, avec la spécialité BTP. J‘ai eu la chance d’être recruté chez Vinci construction à Paris.
Pendant ma dernière année, j’ai commencé à développer un premier projet. Je voulais faire quelque chose de bien qui allait me faire plaisir. Il s’agit d’une application mobile dans le domaine de la mode et des sneakers, donc à l’opposé de la conduite de travaux. C’était surtout une passion à côté, je ne souhaitais pas en faire mon métier. Je travaillais le soir sur ce projet. Ça demandait quand même du boulot, mais c’était un véritable plaisir. Au fil de mes dernières années d’alternance, le projet a pris beaucoup plus d’ampleur que prévu. Il a atteint les 500 000 utilisateurs, ce qui m’a donné l’opportunité de m’y consacrer à temps plein.
Vivement encouragé par mes supérieurs chez Vinci, j’ai effectué 2 années d’entrepreneuriat. À la fin de mon alternance, j’ai été accepté dans l’un des plus gros incubateurs de start-up à Lyon : H7. J’ai pu développer ce projet pendant 2 ans.
Puis, j’ai eu envie de voir autre chose, toujours dans l’entrepreneuriat, mais sur un projet qui allait être plus utile, pour davantage de personnes. Trouver une alternance est une problématique que j’avais eu à CESI. C’est très compliqué pour les jeunes aujourd’hui. À mon époque, l’alternance n’était pas aussi réputée qu’aujourd’hui. Aujourd’hui, l’INSEE a déclaré qu’il y avait un déficit de 65 000 offres par rapport au nombre d’étudiants qui sont en demande d’alternance. Il y a donc beaucoup plus de d’étudiants que de propositions d’alternance. C’est pour ça que je me suis lancé dans le projet Talya.
peux-tu présenter la plateforme «talYa» ?
Talya c’est vraiment comme un assistant IA. Elle permet de trouver : une alternance, un stage, un emploi en CDD ou CDI.
Dans un premier temps, Talya va aller agréger toutes les offres de tous les sites sur lesquels il y a des offres d’emploi, que ce soit France Travail, LinkedIn, Welcome to the jungle, l’Apec. Cette centralisation évite aux candidats le travail de veille quotidien. Talya va apprendre à connaître le candidat. Cela passe par ses critères (salaire demandé, géolocalisation) mais également par son CV et ses compétences. L’outil l’alerte dès qu’une offre correspondant à son profil est publiée. Il lui attribue un score de compatibilité afin de faire ressortir les opportunités les plus pertinentes.
Ensuite, une fois que l’étudiant a trouvé une offre, le but est de l’accompagner. Talya optimise le CV pour chaque candidature. L’application ajoute les mots-clés ATS pertinents, tout en respectant les compétences du candidat. Elle génère ensuite le document en format Word ou en PDF pour mieux passer les screening qui sont des robots de lecture. Beaucoup d’étudiants font leur CV avec Canva et ceux-ci ne peuvent pas être lus par ces robots. Le CV est reformaté tout en laissant au candidat le choix du style.
Talya accompagne aussi dans la rédaction de la lettre de motivation. Elle va générer une lettre optimisée avec l’expérience personnelle du candidat et l’offre en question. On aura donc une lettre de motivation qui fait le lien entre les deux.
Si le candidat décroche un entretien, Talya va lui créer un document de préparation d’entretien. Dans ce document, on retrouve :
- les chiffres clés de l’entreprise dans laquelle on a postulé,
- la croissance de l’entreprise,
- le chiffre d’affaires,
- les grosses actualités de l’entreprise,
- les questions probables en fonction de votre profil,
- des exemples de questions à poser à la fin de l’entretien.
Et le dernier point important pour le candidat, c’est que Talya va lui mettre à disposition un dashboard de suivi de toutes ses offres. Le but est d’avoir un outil très clair, très visuel, facile à utiliser et qui puisse faciliter la vie du candidat.
Aujourd’hui, l’objectif c’est de fournir cet outil gratuitement à tous les étudiants qui font partie des écoles partenaires de Talya.
en quoi «talYa» se distingue des autres outils d’aide à la recherche d’emploi ?
À mon sens, il y a une grande différence car beaucoup de nos concurrents vont construire un outil adapté pour l’école, pour vendre, « faire de l’argent », avec des très beaux dashboard de suivi. Nous avons pris le parti de faire la démarche inverse, en construisant un outil centré sur les besoins de l’étudiant.
On a développé de nombreuses versions tests avec les étudiants, pour connaître les fonctionnalités les plus importantes à leurs yeux. Une fois que l’outil était prêt, nous sommes allés rencontrer les écoles pour connaître leurs besoins et établir la manière de faire le lien entre les deux.
Beaucoup d’outils existent pour la recherche d’emploi, mais nous n’avons pas de concurrent direct. Ici, le candidat dispose d’une unique plateforme, sur laquelle il sait qu’il pourra gérer tout son processus de recherche d’emploi.
Avec le recul comment ta formation à CESI a jouÉ un rôle dans la création de talYa ?
Tout ce que je faisais en conduite de travaux, je le retrouve dans ce que je fais aujourd’hui. Par exemple, le côté management, coordination des équipes. Je retrouve également l’aspect relation avec les clients, que j’avais déjà en conduite de travaux.
La manière de procéder avec des sous-traitants ou même avec des clients pour trouver des chantiers, me sert au quotidien pour aller rencontrer les écoles, comprendre leurs besoins, garder une bonne relation avec eux. Selon moi, c’est juste le discours qui change, mais la méthode reste la même. La méthodologie CESI, donc la méthodologie ingénieur est quand même très formatrice. Pour la petite anecdote, lors de certains rendez-vous avec des investisseurs, il est arrivé qu’ils devinent les études que j’ai faites sans que je leur en parle, juste à travers la manière de m’exprimer.
Quels sont tes objectifs pour le développement de talYa ?
Mon objectif, c’est d’aider un maximum d’étudiants en touchant un maximum d’écoles. Je souhaiterais voir le taux d’insertion augmenter le plus possible dans chaque école et réduire le taux d’attente pour trouver un emploi. On ne pourra pas trouver du travail pour tout le monde en deux semaines, mais en tout cas le but c’est d’optimiser cela au maximum.
Quels conseils donnerais-tu aux étudiants qui souhaitent également entreprendre ?
De ne pas se prendre la tête. De ne pas se poser trop de questions. De mon côté, j’ai fait beaucoup d’erreurs, mais c’est comme ça que je me suis construit. Je pense que si j’avais trop réfléchi avant de lancer mes projets, je ne l’aurais pas fait.
Je dirais aussi de ne pas hésiter à prendre son courage à deux mains et de foncer, de profiter d’avoir un salaire en alternance pour faire quelque chose qui nous plaît.
Également, de ne pas se forcément se réfugier à tout prix dans le domaine dans lequel on s’est formé parce que tout est lié. Par exemple, j’ai des amis ingénieurs qui montent un restaurant, ça n’a rien à voir avec la conduite de travaux, mais finalement ils réutilisent tout ce qu’ils ont appris avec les ouvriers pour rénover le restaurant, etc. Il n’y a pas d’études qui servent à rien.
est-ce que tu as quelque chose à ajouter ?
Je voudrais ajouter qu’on est deux sur le projet Talya. Je me suis associé avec Mehdi Fessiane qui est un ancien étudiant de Epitech. Il s’occupe de toute la partie développement. Je ne suis pas seul dans ce projet, et ça, c’est une véritable force.
Lorsque j’ai monté mon premier projet SneakySpy, j’étais seul. Et je suis passé par de nombreux moments difficiles, sans personne pour me remotiver.
S’il y a bien une leçon que j’ai retenue de mon premier projet entrepreneurial, c’était vraiment cette volonté de faire un projet à plusieurs, de manière à vivre les échecs et les bonnes nouvelles à deux.
TALYA

Développée pour simplifier la recherche d’emploi, Talya est une application qui utilise l’intelligence artificielle pour aider les candidats à gagner du temps et à maximiser leurs chances d’obtenir un entretien.
En analysant les offres d’emploi, le profil du candidat et les attentes des recruteurs, l’application permet de recevoir chaque jour des offres personnalisées, d’adapter automatiquement son CV à chaque candidature et de préparer ses entretiens grâce à des fiches entreprise, des questions probables et des conseils sur mesure.
L’objectif : transformer la recherche d’emploi en une démarche plus ciblée, plus organisée et plus efficace, grâce à des outils d’automatisation et d’aide à la décision alimentés par l’IA.